Il y a quelques mois, j’ai cru me réveiller d’un cauchemar.

Le cauchemar, c’était la première annonce du président Macron, annonçant un pré-confinement puis un confinement le 17 mars 2020.

Au-delà des précautions à prendre pour éviter les contaminations et de la gravité de la maladie, la difficulté que j’ai éprouvé durant tout le confinement et même après était l’entrée brutale et inattendue d’une très grande incertitude.

Tout est devenu incertain, et il fallait pourtant continuer à prendre des décisions et faire les choses. Tu t’es sans doute, toi aussi, posé toutes ces questions : dois-je rester où je suis, qu’en est-il de mes proches, vont-ils aller bien, suis-je à risque, vais-je pouvoir faire ceci, dois-je annuler ce voyage, reporter cet événement, vais-je être remboursée, suis-je contaminé.e, mon entreprise va-t-elle pouvoir continuer ses activités, … que va-t-il se passer pour les plus démunis et pour les populations qui ont déjà du mal à se nourrir, …
L’incertitude a été si globale, que même en regardant au-delà de nos frontières, il n’y avait plus de point fixe auquel se raccrocher.
Et puis la crise sanitaire et tout ce qui va avec n’est pas finie, on marche plus ou moins sur des oeufs, des pays et des villes sont encore confinés, on maintient les gestes protecteurs autant que possible.

C’est pour ça que je voulais te raconter quelque chose, qui moi, m’a aidé à y voir plus clair et à m’apaiser.

 

Les neurosciences montrent que face à un bouleversement dans sa vision du monde, le cerveau se sent menacé. Face à cette menace, nous avons pour réflexe de chercher la certitude pour pallier à l’incertitude. (1)

C’est donc comme ça qu’on réagit à un changement dans notre vie, dans nos habitudes : on cherche la certitude à tout prix.
Est-ce pour ça que le confinement a été la scène de beaucoup de théories plus ou moins fondées, qui ont fusé dans tous les sens ? Menant à une « infodémie » d’après l’OMS (2).
Quand certain·e·s cherchent à répandre leur certitude (leur théorie qui explique ce qu’il se passe ou d’où vient le virus) (3), ils enfoncent les autres dans encore plus d’incertitude (est-ce vrai ou pas vrai ?).
Personnellement, mon esprit scientifique et critique a été mis au défi.

De la nuance, s’il vous plait !
Et ça s’est accentué lors du déconfinement : à nouveau en interaction avec d’autres, inévitablement, on débrieffe sur ce qu’on a vécu. Et on découvre que l’autre ne semble pas avoir la même perception que soi, et c’est normal car chacun.e a vécu le confinement différemment : suivant son contexte, sa situation, sa santé, … Mais ça, j’ai eu du mal à le faire entendre, tellement les cerveaux cherchaient à se rassurer, à expliquer et à se complaire dans la certitude. « De toute façon ce n’est qu’une grosse grippe. », « Ceux qui ont peur font de la psychose… » Combien de fois me suis-je énervée (intérieurement ou pas) face à ces pensées qui veulent rétablir une stabilité mais qui nient toute nuance ?
Et si on reconnaissait l’incertitude et on acceptait de ne pas savoir ?

Je ne sais pas pour ça, mais je suis certaine d’autres choses
Face à l’incertitude, il me semble essentiel de se rappeler ce qui est certain pour soi :
– qui on aime
– ce qu’on aime faire
– ce qu’on sait faire
– ce qui est important pour soi
– …

et de se créer des « bulles de certitude ».


Connais-tu la principale caractéristique des bulles ?

Elles ne durent pas ! Et oui, avec l’incertitude vient l’impermanence, et c’est ok. OK ??!!

Nos nouvelles certitudes pourront elle-mêmes éclater, et c’est pas grave, on sait faire maintenant.
Quelques exemples :
– « Je dois donner un cours, c’est prévu, c’est certain. Je ne peux plus le faire en présentiel, ok on passera en virtuel, et ce sera ok parce que je fais de mon mieux. »
– « Bon les vacances sont prévues pour là-bas, mais si jamais je dois changer de plan, c’est pas grave, je pourrais toujours être en vacances chez moi et camper dans le salon ! »

 

Pour résumer :

  1. accepter la nuance (l’autre vit les choses différemment),
  2. se raccrocher à ce qui est certain pour soi (et pas l’imposer aux autres),
  3. se créer des bulles de certitude (qui sont par définition impermanentes).

Danser avec l’incertitude, ça demande de la créativité et plus d’énergie, alors *|FNAME|* veille à bien te reposer et recharger tes batteries cet été.

Et toi l’incertitude, ça provoque quoi chez toi ?

 

(1) Créativité et complexité en temps de crise – Un choc des mentalités, Alfonso Montuori, Traduit de l’anglais par  Jean-Charles Khalifa, Dans Communications 2014/2 (n° 95), pages 179 à 198. Consulté sur cairn.info.
(2) Coronavirus 2019-nCoV : comment l’OMS s’efforce de contenir l' »infodémie » qui entoure l’épidémie, FranceTVinfo, 8 février 2020
(3) Un Français sur quatre estime (à tort) que le coronavirus a été conçu en laboratoire, Conspiracy Watch, 28 mars 2020.


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