Il me semble que j’ai toujours voulu changer le monde. D’abord en voulant faire de l’humanitaire, puis en me projetant dans l’aide au développement, j’ai ensuite découvert le développement durable dans toute sa complexité et sa controverse. Au cours de ce cheminement qui continue encore aujourd’hui et qui je pense ne me quittera pas de si tôt, j’ai franchi quelques étapes qui me semblent indispensables pour tous ceux voulant être acteur du changement.

 

Etape 1 : Se changer soi-même

Pour changer le monde il faut d’abord se changer soi-même. Ce crédo qui est celui de beaucoup d’hommes et de femmes impliqués pour le monde de demain est non seulement une phrase qu’on entend tout le temps et partout (à savoir dans tous les livres de développement personnel, de yoga, de méditation, d’engagement citoyen,…) mais aussi est bel et bien vraie. Cependant j’aimerais y ajouter une certaine nuance.

Je la reformulerais bien par : en changeant le monde, n’oublie pas de te changer toi-même. Je m’explique. Si l’on prend la décision de vouloir engendrer un changement positif autour de soi ou à de plus grandes échelles, l’important n’est pas le résultat escompté (à partir du moment qu’il est bon et noble) mais la démarche adoptée ou le chemin emprunté. En voulant changer le monde, on se positionne dans un état d’esprit quelque peu égocentrique, et où on peut tendre à penser qu’on est indispensable et que sans nous le monde restera là où il en est (en tout cas c’est mon vécu personnel). C’est justement ce regard qu’il faut d’abord changer. Se repositionner par rapport au monde, voire repositionner l’humanité par rapport au monde, à la nature.

“Il n’y a pas de transition sans réconciliation avec soi” Mohammed Taleb

Pour plus d’inspiration :

  • Créé en 2007 sous l’impulsion de Pierre Rabhi, Colibris se mobilise pour la construction d’une société écologique et humaine. L’association place le changement personnel au cœur de sa raison d’être, convaincue que la transformation de la société est totalement subordonnée au changement humain. Colibris s’est donnée pour mission d’inspirer, relier et soutenir les citoyens engagés dans une démarche de transition individuelle et collective. http://www.colibris-lemouvement.org/

 

Etape 2 : Concevoir le monde dans son unité

“We are in this all together”. Cette phrase tirée du site Collectively résume assez bien ma vision des choses.

1/ Nous sommes tous confrontés aux mêmes enjeux économiques, sociaux, environnementaux, climatiques, et je pense que chacun devrait avoir la volonté de contribuer à la construction d’un monde meilleur, d’un monde en phase avec des valeurs humanistes : respect, égalité, harmonie, solidarité, partage.

2/ Nous sommes tous liés les uns aux autres. Que ce soit les humains entre eux (cosmopolitisme), mais également tous les êtres vivants, les humains avec le monde animal (le premier étant inclus dans le deuxième), la faune avec la flore, la biodiversité avec l’air, l’eau, le sol. Nous respirons la même air, buvons les mêmes molécules d’eau et marchons sur le même sol. Aussi bisounours soit cette idée elle est également vraie. J’ai pu toucher à l’unité de la biosphère grâce à la méditation. J’ai pu réaliser que les arbres que je croise chaque jour ont autant de mérite que moi. J’ai pu comprendre la notion de conscience collective qui fait que bizarrement, sans qu’elles se soient concertées, des personnes peuvent avoir les mêmes idées à la même époque, penser à la même chose en même temps.

Etrangement, cette unité est quelque chose qui semble être enseignée à l’école. Dans les programmes scolaires, les parties “l’unité et la diversité du vivant”  et “le fonctionnement du vivant” évoquent les point communs et différences des êtres vivants. Mais étrangement on retrouve également “le fonctionnement du corps humain et la santé”. Ah bon ? L’humain n’est pas un être vivant ?

Je tiens à préciser ici que je définis l’unité du monde en termes d’unité de la biosphère, c’est comme ça que je la conçois aujourd’hui, mais il est envisageable d’élargir le cercle de l’unité à toute chose, vivante ou non.

Pour aller plus loin :

 

Etape 3 : Penser le monde dans sa complexité

Une fois qu’on est capable de concevoir le monde dans son unité, alors tout est possible. S’offre à nous la possibilité de comprendre que nos actes ici peuvent avoir un impact là-bas, que notre destin est lié à celui des autres et que oui, notre liberté s’arrête là où commence celle des autres. Que je ne suis pas libre de faire ce que je veux dans le sens où mes décisions ne rendent pas indifférent le monde. Tout est histoire de prendre conscience de l’impact de nos décisions. Si je décide de prendre un bain aujourd’hui, je sais que cela équivaudra à prendre 3 douches d’un coup, que quelque part, quelqu’un manquera d’un peu plus d’eau (très schématique mais vous comprenez l’idée). Alors on peut saisir la complexité du monde : que tout n’est pas bon ou mauvais, que la vie est faite de “ET” et pas uniquement de “OU”.

Pour aller plus loin :

Je recommande le MOOC en accès libre de l’ESSEC avec, entre autres, Edgar Morin : L’avenir de la décision : connaître et agir en complexité : https://www.coursera.org/learn/lavenir-de-la-decision

 

Etape 4 : Comprendre que c’est possible

Voir le monde avec des yeux avertis qui regardent au-delà des frontières, des préjugés, des dogmes, peut donner le tournis, nous faire penser qu’on est impuissant face à la tâche. Mais pourtant bon nombre de personnes engagées nous montrent que les alternatives et solutions construisant le monde de demain existent déjà. Ce mouvement, peut-être encore marginal (ou marginalisé?) permet de comprendre que demain c’est aujourd’hui.

Pour en être convaincu :

Regardez le film Demain, documentaire montrant des solutions concrètes, déjà existantes et qui ont déjà fait leurs preuves pour bousculer les lignes en termes d’alimentation, d’énergie, d’économie, de démocratie et d’éducation. www.demain-lefilm.com

 

Etape 5 : Pas tout seul mais à plusieurs

De plus, il est facile de se rendre compte qu’on n’est pas seul à vouloir un monde plus juste, plus sain, plus durable. Et ça, les amis, moi ça me met du baume au coeur, me donne la patate, et me donne envie de me lever chaque matin pour accompagner le changement déjà en marche. Car je ne suis plus seule contre tous à vouloir changer le monde, je suis une parmi d’autres qui souhaitent mettre de la cohérence voire de la congruence dans leur vie. Ce mouvement n’est pas quantifiable, mais je croise chaque semaine (voire chaque jour) lors de mes recherches internet des initiatives, des associations, des entreprises, des collectivités, des citoyens, des familles qui font et sont le changement du monde. Le monde se transforme et cela ne dépend pas uniquement de moi. Cela allège mes épaules mais également les renforce. Prête à faire ma part, à rejoindre les nombreux colibris, les game-changers, les utopistes, les réalistes, les pro-actifs, les citoyens du monde.

Pour s’inspirer les uns, les autres :

La plateforme Collectively.org, créée en 2014, par 29 entreprises dont Google, Facebook, Unilever, Marks & Spencer ou Coca-Cola, a pour objectif de faire découvrir aux jeunes de la Generation Y des histoires individuelles positives et des initiatives inspirantes en rompant avec le pessimisme et le catastrophisme des médias. (en anglais)

 

“Maintenant, il faut agir car il est trop tard pour être pessimiste.” Yann Arthus Bertrand

 


1 commentaire

Masseaut · août 12, 2016 à 12:13

Merci Agathe, pour ce message positif et encourageant. Je vois que ta démarche écologique s’inscrit dans la durée et en toute conscience. Tu es lucide, et ton engagement est profond et sincère. Ce dont je n’ai jamais douté… Je te souhaite de poursuivre ta route avec cette cette universalité qui te va bien et te motive. Je te (vous ,nous) souhaite d’avancer sur ce chemin le plus loin possible !

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