Photo by Brad Barmore on Unsplash

Je suis tombée sur cet article qui fait le constat une fois de plus que le changement de mode de vie à travers des choix de comportements tels que les éco-gestes (consommer moins d’électricité, utiliser moins d’eau, se déplacer à vélo, opter pour une alimentation moins carnée, réduire ses déchets, …) n’est pas suffisant pour voir advenir un monde réellement moins pollué et moins risqué climatiquement parlant.

En 2015, ma révolution personnelle a commencé par une grande remise en question de mon mode de vie.

La lecture de cet article m’a laissé pensive. Non pas en me demandant ce que je peux faire de plus, mais en m’interrogeant sur comment chacun individuellement et collectivement peut avoir le plus d’impact possible. Dans un contexte de recherche de cohérence, il me semble aujourd’hui évident que nous avons de multiples moyens d’action dont il faut à la fois connaître l’existence et aussi explorer les possibilités de chacun à s’y engager.Cette réflexion, nourrie par les échanges avec mon amie de La vie en Rose et Vert – Provence, m’a amené à développer le schéma suivant. Cette réflexion ne se veut pas exhaustive et le schéma sera amené à évoluer. Il regroupe et synthétise 3 pôles d’action existants et à mobiliser, pour être dans une démarche allant vers un monde constructif : “Mode de vie”, “Engagement citoyen”, “Résilience”. J’y ai noté à la fois des démarches et des outils. Une démarche est une « manière d’avancer dans un raisonnement, [une] manière de penser » (CNRTL). Un outil est un moyen utile à la mise en place d’une démarche. Ainsi, on peut être dans une démarche de militantisme et faire appel à différents outils : les listes citoyennes, la désobéissance civile, la grève, les manifestations. On peut être dans une démarche de mieux se connaître et faire appel à la méditation, à la pensée positive et/ou à la communication non violente. On peut être dans une démarche de consom’action en choisissant d’acheter des produits biologiques, issus du commerce équitable, et/ou en utilisant des énergies renouvelables pour son électricité ou son chauffage. Le schéma n’est pas exhaustif dans le sens où il ne comprend pas tous les outils possibles de chaque démarche.    

Mode de vie :

Il s’agit de toutes les actions à mettre en place pour passer d’un mode de vie classique, consumériste et non conscient des enjeux à un mode de vie sobre, minimaliste et réfléchi. De l’alimentation au choix de banque en passant par notre utilisation d’internet, tous les domaines de notre quotidien sont concernés car tous les domaines de notre quotidien ont un impact pouvant devenir raisonnable.

Résilience :

L’être humain que nous sommes a subi de petits et parfois de grands traumatismes. La résilience est un processus psychologique à travers lequel nous pouvons continuer à avancer après un traumatisme. Ici ce mot est employé dans le sens où nous sommes tous capables d’évoluer à partir de nos expériences vécues en apprenant sur nous-mêmes.

Comme je le disais ici, le changement de paradigme que nous vivons nécessite d’accepter l’incertitude, l’impermanence, l’ambivalence et la relativité. Faire place à la pensée complexe dans notre vie requiert un changement de regard. Tous les penseurs du développement personnel le disent. Bien que ce domaine soit parfois critiqué pour cultiver l’individualisme, il s’agit en réalité, lorsque c’est bien mené, de développer son potentiel humain : interroger sa connaissance de soi, sa place dans le monde, son rapport à soi, aux autres et à la nature pour un bien-être psychique. Et comme on le sait bien, il faut un corps sain pour un esprit sain. Notre bien-être physique est aussi à cultiver. Ne négligeons ni notre corps, ni notre esprit.

A cette résilience psychologique s’ajoute également la capacité d’adaptation qui devient de plus en plus nécessaire face aux changements climatiques. Certains parlent de survie, d’autres de changement de mode de vie, le tout est d’être conscient que des ajustements seront très vite indispensables pour faire face à des catastrophes naturelles de plus en plus intenses ou simplement la raréfaction de l’eau due à la sécheresse ou de nourriture due à l’amenuisement de la biodiversité.

Engagement citoyen :

Ce pôle d’action est peut-être celui qui est le moins prisé et pourtant c’est celui qui pourrait être le plus impactant pour définir un système responsable de moins d’incohérences. L’engagement citoyen prend différentes dimensions. Non seulement à travers le devoir citoyen et l’investissement politique mais aussi à travers le travail que l’on choisit d’exercer et la manière dont on l’exerce. J’ai donc énuméré sur le schéma à la fois les démarches et outils possibles pour un engagement politique et aussi pour l’intégration de ces questions dans le monde de l’entreprise ou des organisations. L’engagement citoyen implique de trouver sa place dans la société après avoir trouver du sens dans sa vie par les démarches et outils de la résilience.

Pourquoi ce schéma ?

Aujourd’hui il semblerait que si on s’interroge sur son mode de vie, on peut s’épargner de poursuivre la réflexion plus loin. Ou alors en allant manifester pour une cause on est dédouané de porter la réflexion sur soi-même. Ou encore en faisant de la méditation on n’a pas besoin de diminuer son impact environnemental.

Je connais des gens qui sont impliqués soit dans l’un des trois pôles, soit dans deux des trois, mais je connais peu de personnes qui sont à la fois dans un mode de vie sobre, dans un bien-être physique et mental évolutif et un engagement significatif. Et pourtant quand j’entends quelqu’un me parler de ses séances de yoga, je m’attends à ce que cette personne fasse aussi son marché avec un minimum d’emballages et milite auprès du ministère pour faire une place à sa pratique dans les écoles. Quand j’entends un militant en revendication auprès d’une organisation, je m’attends à ce que cette personne ait un mode de vie le plus éthique possible et qu’elle soit aussi dans un processus où elle s’interroge sur ses propres schémas. Et quand je vois des personnes en magasin bio, je m’attends à ce qu’elles connaissent la communication non violente et l’utilisent sur leur lieu de travail.

Nos leviers d’action sont multiples, il ne suffit pas de faire ceci OU cela OU ceci, mais bien de pouvoir faire ceci ET cela ET ceci.

Pouvoir faire

Vous me direz : « on fait ce qu’on peut ». Oui, on fait ce qu’on peut, et il s’agit bien de « pouvoir faire ». Et afin de pouvoir faire il faut déjà avoir la connaissance de nos moyens d’action. Il est donc essentiel de ne pas limiter notre connaissance des alternatives et outils à notre disposition. Informons-nous et ayons conscience de nos possibilités : « Je peux faire ceci, je le fais ET je peux aussi faire ceci et cela. »

J’estime qu’un monde constructif est un monde où les individus prennent la responsabilité de leurs actes et de leurs impacts et agissent du mieux possible pour que leurs valeurs soient respectées. Le fait d’être en marche vers un monde constructif est à la fois une démarche individuelle ET collective. Il est primordial que la société entière fasse vivre ces trois pôles d’action sans les isoler les uns des autres. Et ces liens peuvent se faire à travers des individus qui s’engagent dans chacun des pôles d’action. Des individus cohérents, en somme.


2 commentaires

Audat · août 18, 2018 à 08:25

Article très interessant, merci. Je tente de faire les 3 mais je dois encore travailler mon psychisme: la meditation, la communication non violente… J’ai deja opéré un 360 degres pro en creant ma societe ZoEssentiels pour promouvoir le zero dechet. Bien sur nous sommes totalement dans cette demarche dans notre vie quotidienne.

    Agathe · août 21, 2018 à 19:25

    Bonjour, merci de votre retour ! Le cheminement n’est pas simple mais c’est la conscience mise dans l’effort qui est essentielle 🙂

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