En lançant mon activité dans la formation et l’accompagnement au développement durable, je ne me suis pas posé la question de l’effet que l’utilisation du terme ‘développement durable’ peut avoir. Après un diplôme en Education au Développement Durable et des études d’ingénieur·e où j’ai découvert le terme tel quel, il me semblait évident d’utiliser le même terme (mais avec une définition peut-être un peu plus personnelle).

Aujourd’hui, on m’interroge sur les raisons pour lesquelles j’emploie ce terme plutôt que la transition écologique et/ou sociétale, la décroissance, l’écologie politique, … En 1987, le développement durable a été défini pour la première fois comme mode de développement permettant de répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre les générations futures de répondre aux leurs. A l’heure où le futur de l’époque est le présent d’aujourd’hui, on peut sans doute se permettre de réactualiser certaines choses.

La juxtaposition des deux termes ‘développement’ et ‘durable’ est souvent critiquée pour être antinomique. Je ne suis pas d’accord. Je pense que le terme de développement doit être vu comme l’allusion à un processus évolutif, le fait qu’on avance sans cesse, le fait que de ce qui existe peut naitre autre chose. Et non pas nécessairement comme une corrélation à une croissance. Le fait de croitre n’est qu’un type de développement possible. Il faut se détacher de la vision du développement économique qui vise effectivement, entre autres, à accroitre une certaine quantité. Se développer, c’est changer, évoluer, progresser, améliorer, augmenter, prendre de l’ampleur, de l’importance, de la maturité, de la qualité. On peut augmenter le nombre de personnes (démographie croissante), de produits (production et consommation croissantes), d’argent (enrichissement) mais aussi améliorer la maturité des personnes (plus de paix dans les relations), la qualité des produits (à impact positif sur l’environnement et l’humain) et de l’argent (redistribution cohérente).

Le développement économique parle en effet d’augmentation quantitative mais le développement durable est avant tout un développement humain. Et le développement humain n’est pas une augmentation de la démographie mais une amélioration des conditions de vie.

Développement : [En parlant des facultés innées de l’homme, notamment de ses facultés supérieures, puissances de l’intelligence, du cœur, de la volonté] Action de changer, d’évoluer, de progresser; son résultat; évolution de l’homme vers l’épanouissement de ses aptitudes et de sa personnalité.

Continuer à utiliser ce terme est, pour moi, une porte d’entrée dans toutes les institutions l’utilisant elle-même dans leur référentiel et langage courant. Peut-être qu’un jour je m’en détacherais pour un autre terme marquant mieux le lien entre mes différentes activités (cours DD dans l’enseignement supérieur, conseil en pédagogie active, film sur la recherche de cohérence, …). Un jour peut-être, …


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